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Revue de presseMadagascar Plonger le long du canal du MozambiqueMadagascar Royaume sauvage des Radames source : Plongee On Line - Texte et photos © Laetitia Scuiller |
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Notre première plongée a lieu sur le Tombant Black, du nom de notre capitaine malgache. Le site situé sur le banc du cyclone à 40 miles nautiques de la baie des Russes. L’archipel des Radames étant situé sur le plateau continental, toutes les immersions se déroulent le long des bancs et tombants bordant le canal du Mozambique. La mise à l’eau se fait généralement à partir du catamaran afin de bénéficier de l’aide des marins et d’une meilleure stabilité.
Des ambiances peu colorées mais bouillonnantes de vie Après un saut droit vrillé pour les uns et plus maladroit pour les autres, le moment tant attendu arrive enfin. Visibilité à 20 mètres, température de l’eau à 26 °C, binôme à portée de main, tout va bien. Un banc de fusiliers striés de lignes jaune et bleu électrique passe en trombe devant nous : premier contact avec les habitants à écailles des Radames. Nous suivons nos ambassadeurs pressés de nous quitter jusqu’au plateau récifal accessible à partir de 20 mètres de profondeur.
L’ambiance corallienne est assez décevante et il en sera de même pour la plupart des sites. Une bonne partie du corail a blanchi depuis le passage d’El Nino en 1998 et souffre encore des effets de la houle du large et des cyclones, dont le plus virulent, Gafilo a laissé des traces depuis mars 2004. Bien que peu coloré, le récif bouillonne pourtant de vie. Les poissons anges, cochers, chirurgiens et papillons sont légion et cohabitent en toute harmonie avec les familles de platax et de perroquets ainsi qu'avec les bancs de lutjans très fréquents. Un petit groupe de carangues arc-en-ciel déboule du large tandis qu’un timide requin du lagon à pointe blanche glisse le long du tombant… Nous longeons le bord du plateau tombant main gauche en gardant un oeil dans le bleu où thons à dent de chien et carangues ignobilis en quête de repas font de fréquentes apparitions. Je ne sais pas si c’est l’heure de pointe, mais le trafic est dense !
Qu’on se le dise, les eaux malgaches sont très poissonneuses. On y rencontre la faune classique de l'Océan Indien, de l’emblématique poisson-ange semi-cerclé aux raies pastenagues et manta, jusqu’à la tortue, avec une mention particulière pour les pélagiques… À trop scruter le bleu, je me retrouve soudain nez à nez avec un tetrodon masqué. Je m’attends à ce qu’il déguerpisse sur-le-champ, mais à ma grande surprise, il me fait toujours face, son joli minois fixant mon objectif… Ce n’est qu’après trois coups de flashes qu’il se lasse de ma compagnie.
Un peu loin, une belle raie pastenague à pois bleus est tapie sous une voûte corallienne. Je m’approche d’elle tout doucement pour immortaliser la scène, tandis qu’elle garde sagement la pause… Un comportement peu farouche que les photographes et vidéastes savent apprécier. À chaque immersion, je serai agréablement surprise par la facilité d'approche des poissons malgaches et m'étonnerai de cette familiarité, les eaux des Radames n'étant pas fréquentées par des hordes de plongeurs.
Des plongées multi-niveaux et multi-goûts Tombant d'Alimdy et de Nosy Iranja, tombant ouest de Nosy Ovy (la plus grande des îles Radama), tombant sud canyon... Les plongées s'enchaînent sur les récifs le long du plateau des îles Radames où se réfugient toute la faune habituelle de l’Océan Indien, mais aussi les pélagiques venus du large ou des grandes profondeurs. Des rencontres qui nous apportent à chaque fois leurs lots de surprises : bancs compacts de lutjans, nasons, thons, carangues, thazars, barracudas et platax... Les adeptes des prédateurs sont comblés tandis que les fans de macros s'amusent à dénicher les nudibranches, danseuses espagnoles et murènes rubans cachés dans les anfractuosités. Nous croiserons quelques tortues mais à part deux ou trois requins de lagon et quelques passages furtifs de requins gris de récif, nous n'observerons pas d'autres squales... La
plupart des récifs, accessibles à partir de 15 mètres de profondeurs,
sont entourés d’étendues sableuses colonisées par des centaines
d'anguilles jardinières qui se balancent au gré des courants. Il faut
avancer à palme de sioux pour les photographier avant qu’elles ne
disparaissent en un clin d’œil dans leur trou de sable.
Les plus belles plongées autour de Nosy Be S'il y a une plongée à ne pas manquer c'est celle de Nosy Tanikely, une île située au Sud de Nosy Be à 6 miles d’Ambatoloaka. Accessible à tous les niveaux, les fonds coralliens de cette petite île sont particulièrement bien préservés et extrêmement riches en faune et flore. Les plongeurs ont l'impression d'évoluer dans un parfait aquarium multicolore où se croisent et se recroisent de multiples bancs de poissons.
Considérée comme une réserve marine, il est interdit d’y pêcher poissons et coquillage. Sur terre il est possible d'admirer les fameux lémuriens, quelques caméléons et des chauves-souris frugivores qui colonisent certains arbres. Un vieux phare datant de près d’un siècle domine l’île et offre un panorama exceptionnel.
Au large de l'île de Tanikely, à 2 miles d’Ambatoloaka, quatre épaves ont été coulées volontairement sur un fond sablonneux de 27 mètres il y a quelques années : un chalutier en bois, un gros chalutier en fer et 2 voiliers de plaisance qui ont été dépollués puis coulés pour servir de récif artificiel. Si les trois autres épaves n'ont pas grand intérêt, l'épave Zaïda, un petit boutre de 20 mètres, est un must. Au premier abord, on devine seulement la carcasse tant la faune qui a colonisé ce récif artificiel est dense. C'est un pur bonheur que de se retrouver face à ce mur de poissons où évoluent bancs de lutjans, platax, carangues et mérous tandis que tapies sur le fond sablonneux de très belles raies pastenagues surveillent les lieux. La visibilité varie beaucoup et mieux vaut se lever tôt pour optimiser les chances de clarté de l'eau. Ce site est accessible aux plongeurs niveau II minimum.
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